Interview d'un de nos co-fondateurs, Sylvain Fleury

 

SYLVAIN FLEURY, CO-FONDATEUR CHEZ HEXA

Hello Sylvain, une question qui nous démange tous, d’où vient réellement l’idée ? 

        On est une bande de potes de lycée passionnée de sports de glisse qui s’est formée il y a 10 ans. On pratiquait tous les sports possibles entre deux cours de maths et on s’était toujours dit qu’on créerait quelque chose ensemble. Un de nos potes (Thomas) avait déjà shapé une planche dans son garage et on a pu se rendre compte à quel point c’était toxique. Par ailleurs, on était tous frustrés de changer nos planches tous les ans à cause de leur fragilité.

        C’est finalement Coco, un autre de la bande, qui a eu une idée après avoir découvert l'impresion 3D à Berkeley.

        Il a tout de suite saisi le potentiel de l’impression 3D en termes de personnalisation, de durabilité et d’impact environnemental. On a pris le projet au sérieux (même si Coco, c’est le gars qui a 3000 idées à la minute) et après beaucoup d’interviews de surfeurs et de recherches techniques, on a compris qu’il y avait définitivement quelques choses à faire.

 

Pourquoi ne pas travailler pour une des sociétés leaders de ce marché ?

        Tout d’abord, il n’y a pas de gros leader sur le marché des planches de surf (même si certains acteurs se développent rapidement). L’impact environnemental était le principal mot d’ordre de ce projet, je voulais apporter quelque chose de nouveau.

        Dès lors deux options s’offraient à moi : soit travailler dans grande entreprise et entamer une transformation écologique, soit lancer un nouveau projet imprégné à 100% de ces valeurs. L’inconvénient de la grosse entreprise est que d’autres problématiques économiques peuvent bloquer ces changements environnementaux. Je me suis donc lancé !

  

Comment en es-tu arrivé à te lancer main dans la main avec Léo ?

        J’ai toujours aimé travailler en groupe : j’ai un frère jumeau avec lequel j’ai, depuis toujours, partagé travail et loisirs. Les débuts d’HEXA se sont faits à 5 puis à 7 amis (en parallèle de nos activités). C’est à ce moment-là que j’ai opté pour la filière entrepreneuriale de mon école à Lyon. J’ai passé pas mal de temps à lire des témoignages inspirants, comprendre à quel point je pouvais être libre, avoir la possibilité rare d’allier ma passion et mes valeurs aux défis intellectuels que propose le projet.

 

 

        Le travail avec Léo s’est fait naturellement, on a commencé par travailler nos cours ensemble en prépa, on est devenu très proche. On s’est ensuite penché ensemble sur HEXA. La communication (le nerf de guerre quand on se lance ensemble) est super simple entre nous, on est même en coloc depuis le début d’HEXA ! C’est très important d’arriver à capter l’état émotionnel de l’autre afin de faire perdurer la collaboration.

        On adore représenter HEXA tous les deux et tenter de rallier un maximum de monde à notre projet. On a ensuite reçu le soutien de l’Eurosima et de quelques surfeurs de haut niveau, c’est à ce moment-là qu’on a senti que le projet prenait une plus grande envergure. On a pu rencontrer le shaper de Kelly Slater lors de nos 2 mois passés en Californie, le fab lab de polytechnique nous a ouvert ses portes, c’était à chaque fois une avancée qui nous confortait dans le projet. Et bien sûr, la première vraie réussite partagée avec Léo, c’est les premières ventes de planches.

 

Comment fais-tu pour garder cette motivation au quotidien avec HEXA ? 

        Je suis quelqu’un de naturellement très optimiste, ce qui rend la relation avec l’équipe très cool. Il n’y a jamais de problèmes pour moi, j’essaie toujours de voir les rebonds, les solutions possibles. Je m’éclate au quotidien, le cadre de vie est ici à Biarritz incroyable. De plus, avoir des gens déterminés dans la team me stimule énormément : je capte leur énergie et cela me boost en retour. 

 

 

 

Comment avez-vous fait pour attirer vos premiers partenaires financiers ?

       On a petit à petit commencé à sentir qu’on connaissait de mieux en mieux notre marché. On avait également quelques prototypes qui suscitaient vraiment l’intérêt de notre communauté. On a alors sollicité des gens passionnés par le produit et par l’équipe et qui pouvaient apporter des compétences et du réseau bénéfiques au développement d’HEXA. Il est réellement important que ceux-ci soient passionnés par le projet, ce ne sera que de plus pour l’entreprise. 

        Il y avait bien sûr une part d’émotionnel - liée au produit et à notre histoire - qui nous a aidé à faire connaitre le projet. 

 

Quelle est votre démarche avec vos premiers clients ?

         On a toujours tenu à être très proches d’eux, avec le maximum de transparence. Nous les tenons informés de chaque nouvelle étape d’HEXA. On les a au téléphone très régulièrement, ils font partie intégrante de l’aventure. Ce sont les premiers ambassadeurs d’HEXA.

  

Comment s’est passé le processus de production depuis vos premiers prototypes jusqu’à vos dernières planches que vous commencez à commercialiser ? 

        On est conscients depuis le départ de ne pas avoir la science infuse : on n’est ni d’anciens shapers, ni des entrepreneurs aguerris ayant plus de 20 ans d’expérience. 

        En revanche, on n’a pas grand-chose à perdre. On s’est rendu compte qu’il se passait quelques choses de spécial après la fabrication de notre première planche, avec laquelle Léo a d’ailleurs pris l’une des meilleures vagues de sa vie. On a également su trouver les bons partenaires, et commencer à développer la technologie avec très peu de financement (quelques centaines d’euros).

 

 

        On est ensuite partis en Californie, pour essayer de rencontrer toutes les personnes que l’on pouvait. On dit souvent, une heure avec la bonne personne c’est un mois de travail économisé.

 

Quelle est ta vision pour HEXA dans un futur proche (et moins proche !) ?

        On est convaincu qu’il faut voir grand pour que cette entreprise fonctionne, en adoptant un positionnement assez clivant. Il faut pour cela, apporter quelque chose de réellement nouveau sur le marché (en termes de produit et d’expérience client), être reconnu à l’international, se laisser la possibilité d’englober à terme plusieurs boardsports. Nous avons créé HEXA pour apporter l’excellence sportive et environnementale auprès des riders. 

        A court terme, nous voulons créer les meilleures planches de surf possibles, et pouvoir se positionner comme expert de ce secteur avant d’élargir notre offre. Pour cela, on s’appuie sur la qualité des gens qu’on arrive à recruter. En proposant une activité qui allie passion et défi intellectuel, nous recevons des candidatures d’une qualité exceptionnelle.

 

Est-ce que tu aurais un conseil pour un entrepreneur qui hésite à se lancer ? 

        Le plus important est de faire quelques choses qui te passionne, comme ça il n’y pas de problème de motivation. Il faut être à mon sens infiniment optimiste tout en acceptant la remise en question.

        Enfin, avant de me lancer, je me suis posé une seule question : que se passe-t-il si le projet se casse la figure ? 
La réponse est simple et encourageante : j’ai la chance d’avoir une famille, des amis, un toit, un repas - c’est l’essentiel. Il n’y a donc plus aucune barrière.

 

Un dernier conseil ?

        Toujours sonder les gens autour de soi, s’entourer des bonnes personnes et être curieux !

 

 

Leave a comment

Please note, comments must be approved before they are published