Interview d'un de nos co-fondateurs, Léo Bouffier

LÉO BOUFFIER, CO-FONDATEUR CHEZ HEXA

Qu’est ce qui t’a attiré dans l’entrepreneuriat ?

        J'ai toujours été impressionné par les gens qui montaient leur boite et durant mes études je ne m’étais pas forcément dit que je le ferai. Mon année de césure m’a permis de découvrir que le monde de l’entreprise ne me convenait pas.  

        Les débuts d’HEXA se sont fait naturellement, avec des besoins pour le projet qui me plaisaient fortement : de la conception pure à partir de 0, une liberté totale, des mois de réflexion pour finalement arriver à des prototypes qui fonctionnent. Peu à peu, on a eu la conviction qu’il était possible d’en faire profiter plus de surfeurs. 

 

Même question que pour Sylvain, comment se sont fait les tout débuts d’HEXA ?

        Dans tous les expériences que j’ai pu avoir, il y avait à chaque fois un aspect qui me plaisait énormément : proximité avec l'océan, l'océanographie, la mécanique des fluides, l’architecture navale … Mais je restais un peu à chaque fois sur ma faim, ayant le sentiment qu’il me manquait toujours quelque chose.

        Tout remonte à il y a 2 ans et demi, lorsque nous étions encore tous les deux en césure. On a ensuite effectué notre dernière année d'école d’ingé, puis s’en est suivi naturellement le passage vers HEXA. On était les deux seuls de notre groupe initial de 7 à avoir en fait une troisième année en prépa, ce qui nous a dé-corrélé par rapport au reste du groupe. Les autres étaient déjà tous plus ou moins engagés, ils étaient donc moins prêts à prendre le risque. 

        Le choix pour moi s’est vraiment fait à la fin de l’année de césure : soit je fais de la recherche en océanographie, soit je me lance dans ce projet. Selon moi, le meilleur moment pour se lancer est la fin d’étude, où tu jouies d’une liberté quasi totale. Avec Sylvain à ce moment là on était disponibles et on sentait que ce projet nous prenait aux tripes.



Comment fonctionne ta relation avec Sylvain  ? 

        Je suis davantage orienté tech et m’en occupe d’ailleurs au sein d’HEXA. Sylvain, lui, m’a inculqué cet état d’esprit optimiste. J’apporte une touche de persévérance qui fait office de moteur : cette façon de penser est nécessaire quand il s’agit de passer ses journées sur des tâches complexes nécessitant beaucoup d’attention. Je suis quelqu’un de patient, créatif, persévérant et cela match bien les qualités organisationnelles et optimistes de Sylvain. Idem pour les pitchs, on se complète super bien pendant la présentation et je crois que notre alignement se ressent chez les personnes en face qui sentent parfaitement qu’on est habités par notre projet. 



Pourquoi ne pas travailler dans l’une des entreprises leaders de votre marché ? 

        Je n’y ai pas vraiment pensé pour être honnête. Hexa est née pendant nos stages en entreprise, qu’on effectuait tous les deux dans un grand groupe. En me lançant dans une aventure entrepreneuriale, j’avais le sentiment d’avoir un impact plus direct sur ce qui me tenait à coeur.. On avait cette volonté de se lancer dans un projet novateur, de se challenger, en apprendre sur un maximum de choses; choses que l’on n'aurait pas forcément apprises dans un grand groupe. Le réel plus de cette aventure est le combo développement professionnel et personnel qu’elle apporte : on rencontre énormément de personnes toutes plus intéressantes les unes que les autres. Choisir l’entrepreneuriat c’est se laisser la possibilité de créer un business qui te ressemble avec des personnes toujours challengeantes et pleines de ressources... Tout en se laissant une grande part de liberté (primordiale pour moi) !



Quels ont été les moments “adrénaline”, lorsque tu sens que le projet prend une nouvelle ampleur ?

        Il y a eu plusieurs moments déclic : quand on a été re publiés les premières fois, nos premiers articles sur surfsession (journal de surf influent), lors de la mise à l’eau de la première board à la Palue chez moi à Crozon... Ce sont à chaque fois plein de petites validations que tu gagnes au fur et à mesure. Il y a également eu le départ en Californie : tout le monde là-bas était intéressé et riche en conseils, les gens de ce business sont tous très réceptifs. Les avis étaient en grande majorité très positifs vis à vis du projet et les choses commençaient à s’accélérer, et on a réellement pris conscience du potentiel d’HEXA.



Comment arrives-tu à garder ta motivation au quotidien ?

        La team m’aide beaucoup à toujours garder le cap qui a été fixé pour la boite, les échanges sont décontractés mais efficaces, c’est un réel plaisir d’évoluer dans ce cadre là et cela me stimule encore plus ! Au tout début de l’aventure, il n’y avait pas de réelle pression. Maintenant qu’il y en a davantage, le fait d'être à plusieurs m’aide énormément. Quand tu sais que tu as du monde avec toi, c’est une pression de plus mais également un moteur. On passe à chaque fois par des phases très excitantes, avec beaucoup de nouveauté. On retire énormément de positif de tout ce qu’on fait. L’entrepreneuriat est pour moi la meilleure école ! Plus on avance, plus on se dit qu’on ne lâchera jamais ce projet en or et tout ce qu’il nous amène. 



Avez vous envisagé de protéger votre technologie ?

        Quand tu te lances, tu n’as pas forcément les moyens de déposer des brevets et de les défendre. La seule protection c’est la vitesse : être capable d’anticiper les problèmes qu’ont les gens autour de nous, être résilient lors des  moments les plus durs… Tous ces moments difficiles s’avèrent en réalité être des barrières à l’entrée supplémentaires

        Il y a déjà des gens qui utilisent l’impression 3D, on n’a aucun problème avec cette concurrence, bien au contraire. On a le sentiment d’apporter un truc réellement nouveau, et l’arrivée d’autres acteurs permet aussi d’éduquer le marché.



Qu’est ce qui fait que cette aventure est aussi stimulante ?

        Tout d’abord le projet est sexy et plaît, les gens arrivent facilement à nous trouver. On croit tellement fort en HEXA que les gens ont souvent simplement l’envie de nous aider : ça a été une des belles découvertes dans l’entrepreneuriat. Une de nos valeurs s’intitule “be a surf mate” : le projet est en effet né d’une bande de potes. Je crois que les investisseurs arrivent à le ressentir et ont envie d’entrer dans cette bande de potes à leur tour. De plus, le surf en lui même possède une part d’émotionnel. On garde cet état d’esprit de partage dans notre quotidien en étant positifs, en disant oui à toutes les opportunités. C’est un vrai plus à mon sens, en faisant cela les choses ne s’estompent jamais et il ne te reste plus qu’à choisir ce qui t’apporte le plus

        Aujourd’hui après un an de travail, on a mis en place un système de production qui n’existait pas avant. La production par impression 3d est d’ailleurs relativement jeune. Il s’agit pour nous de montrer qu’il y a une vraie adoption produit, d'arriver à faire adopter cette technologie par la communauté surf. Il ne s’agit pas d’une idée farfelue arrivée pour faire le buzz ou de produits d’exception, il s’agit de repenser complètement le surf et sa pratique au travers d’un produit ultra novateur.



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